Trop c'est trop!

Publié le par francois

Depuis plus deux mois nous, les riverains de la rue de Geole, essayons d'obtenir un rendez-vous auprès de Monsieur Huet, maire d'Avranches.
Trois demandes : 3 échecs.
Question. Que faut-il faire pour être reçu par notre Maire? Un sitting devant l'Hôtel de ville, une pétition générale, une communication auprès des médias (TV, radio et presse locales), une intervention dans une des prochaines réunions publiques du candidat Huet dans le cadre des élections législatives?
Il serait quand même dommageable et regrétable d'en arriver jusque là.
Nous demandons juste à être reçu et nous n'avons que des fins de non recevoir.

Vous devez vous demander pourquoi ces refus du Maire de recevoir ces quelques personnes de la rue de Geole. Sommes-nous de dangereux destabilisateurs gauchistes dans une ville dirigée plutôt à droite? Sommes nous des râleurs perpétuels, jamais satisfaits, toujours prompts à critiquer? Sommes nous ...
A toutes ces questions la réponse est NON. Nous sommes seulement et simplement des Citoyens de la ville d'Avranches soucieux de notre qualité de vie, de celle du quartier et de la ville plus largement.

Quelles sont donc les raisons qui nous poussent à rencontrer M Huet? Elles sont principalement au nombre de deux. Le premier est relatif à notre proposition de trompe-l'oeil dont M Huet s'était engagé à nous faire part des suites. Le second concerne les nuisances sonores, toujours non résolues, subies par des riverains par le système de ventilation/aération/chauffage du Scriptorial depuis son ouverture en août 2006.

Pour les nouveaux lecteurs de ce blog mais aussi pour les fidèles un rappel exaustif des faits s'impose agrémenté de quelques commentaires pour mieux comprendre la situation actuelle.  

La ville d’Avranches, détentrice de nombreux manuscrits
médiévaux du Mont-Saint-Michel, a décidé en 2002, sous l'impulsion sa municipalité fraîchement élue, de mettre en valeur ces ouvrages  au sein d’un nouveau musée dénommé le Scriptorial. Ce musée résolument contemporain par son architecture en béton est érigé au cœur du quartier historique d’Avranches en lieu et place d’une friche.
Des riverains de ce futur musée, habitants la rue de Geole, se sont légitimement très tôt interrogés des caractéristiques de cette future construction.
 
En l’absence d’information de la part de la municipalité, les riverains ont dû prendre l’initiative de contacter la ville pour obtenir des précisions sur ce bâtiment qui allait bouleverser le quartier. A maintes reprises les premiers adjoints, responsables du projet, MM Delaunay et Bazin, nous avaient assuré que la façade du Scriptorial - coté rue de Geole - ne serait pas plus haute que le mur préexistant et qu’elle serait revêtue d’un parement en pierre pour s’intégrer au mieux au quartier ancien.
« Les promesses n’engagent que ceux qui les croient ».
Vous aurez compris que nos chers élus n'auront pas été très sincères [et c'est un euphémisme] vis à vis de leurs administré(e)s. La façade du Scriptorial rue de Geole est plus élevée de plusieurs mètres (assombrissant l’intérieur des maisons) et elle est en béton brut de décoffrage ("ternissant" la rue).
Pourquoi ces mensonges ? Vraisemblablement pour ne subir aucune contestation et retard sur ce projet et ainsi ouvrir le musée au public dans les temps impartis.
Rétrospectivement nous reconnaissons que nous avons été bien naïfs. Nous aurions dû consulter le permis de construire en mairie, interroger les architectes parisiens (Cléris, Daubourg) ou avranchinais (Berjot) pour connaître les détails de ce projet.

Une crise de confiance entre riverains et élus se révélait et n’allait que s’accroître.

Pendant plus trois ans, les riverains ont vécu aux premières loges les différents chantiers de démolition (sept 2003-fin 2004), de reconstruction (fév 2005-août 2006) et d'aménagement des abords (2006-...) sans rien dire, supportant les incommodités pour accéder à nos propriétés et les nuisances inhérentes à ces types de travaux (poussières, boue, bruit, ...). cf. photo

Après quelques semaines de retard, début août 2006 le musée est enfin ouvert au public.
Très tôt des riverains se plaignent du bruit généré par le système de ventilation/aération du musée, particulièrement la nuit.  Le trouble sonore est signalé à la mairie. Malgrès l’intervention d’entreprises, ces bruits persistent et génèrent fatigues et énervements de ceux qui les subissent.
Courant octobre un rendez-vous auprès du Maire, M. Gwénhaël Huet, est demandé. Fixé au 7 novembre, la réunion rassemble à la mairie l'ensemble des  riverains ainsi que quelques locataires de la rue de Geole et l’équipe municipale (maire, premiers adjoints, …).
Sont abordés différents sujets notamment les problèmes de nuisances et la façade gris béton du Scriptorial. Concernant le premier point : la maire déclare qu’« il devait aux riverains la tranquillité ». Jolie déclaration d’intention en attente d’effet car à ce jour le trouble persiste. Des relevés de bruit ont été réalisés dans la rue seulement début février. On mesure là toute la réactivité de nos élus face à ces troubles subis par les riverains.
Le deuxième point évoqué concerne la façade grisâtre du Scriptorial côté rue de Geole. La municipalité, après avoir abandonné le parement en pierre, envisage de peindre la façade d’une simple  lasure de couleur avec un produit anti-tag.
Cette solution, peut-être la moins coûteuse pour la ville, n’est pas satisfaisante. Des questions se posent sur l’esthétisme de cette lasure mais aussi sa dégradation dans le temps.  Une réflexion a été engagée entre riverains sur le revêtement possible et la valorisation de cette façade. Un trompe-l’œil peint sur toute la longueur du mur pourrait être une solution (parmi d'autres à étudier). Il s’agirait de peindre la façade d’après un croquis représentant la rue de Geole à l’époque médiévale.

Ce trompe l’oeil présenterait plusieurs atouts.
Au niveau architectural, il intégrerait le Scriptorial coté rue de Geole dans son environnement en lui donnant un aspect plus en rapport avec le coté historique du quartier.
La représentation murale correspondrait avec la thématique médiévale du musée (manuscrits du Mont-Saint-Michel).
Enfin le trompe-l’oeil ne serait pas sans susciter un intérêt touristique, contribuant à la valorisation du Scriptorial et au-delà celle de la ville d'Avranches.

Cette proposition de trompe-l’œil a été présentée aux élus. Les élus nous ont précisé que la réalisation de ce trompe-l’oeil supposait l’accord préalable des architectes du Scriptorial propriétaires intellectuels du bâtiment, puis la validation par la mairie pour l’aspect technique et financier. Monsieur le Maire s’est engagé à faire les démarches auprès des architectes et à nous tenir informer de suites de cette proposition.
Quelque peu échaudée des précédentes « promesses » de nos élus, les riverains décidèrent de communiquer ce projet auprès de la presse locale et sur internet via un blog.

Début décembre, l'hebdomadaire local, la Manche Libre, fait écho de l’accord de l’architecte avranchinais, M Berjot, sur la proposition de trompe-l’œil. Cet espoir, malheureusement, est vite déçu : quelques jours plus tard le Maire d’Avranches lors d’un conseil municipal lit un courrier adressé par M Berjot démentant les informations parues dans la presse.
Le volte-face de l’architecte amène un groupe de riverains à le rencontrer le 19 décembre 2006. M Berjot nous explique que l'article dans la Manche-Libre résulte d'une mauvaise interprétation du journaliste. L'architecte nous informe qu'il n'est ni pour, ni contre notre proposition que les cabinets ont eux aussi des propositions à faire [on apprendra ultérieurement : un projet d'enluminure du mur], encore faut-il que les architectes soient sollicités par la Mairie. Nous apprenons donc
le 19 décembre que Monsieur Huet, maire d'Avranches, qui s'était engagé le 7 novembre dernier à présenter la proposition de trompe-l'oeil auprès des architectes, n'a fait aucune démarche en ce sens.

Souhaitant faire le point des suites de notre proposition de trompe-l'oeil (après les révélations de M Berjot) et évoquer la persistance des troubles sonores, un rendez-vous est demandé auprès du secrétariat du maire.
La secrétaire, ne disposant pas de l’agenda du maire pour 2007, me demande de lui laisser mes coordonnées téléphoniques afin de me recontacter.

Sans nouvelle de la mairie, je me rends avec un autre riverain le 4 janvier une nouvelle fois au secrétariat du maire. Là, la secrétaire nous propose des dates avec des horaires en milieu de journée. Nous expliquons que nous sommes tous salariés et qu’il est difficile voire impossible de s’absenter du lieu professionnel. Nous lui suggérons des horaires en fin de journée ou le samedi. La secrétaire décide de reprendre nos coordonnées et de nous promet de nous rappeler après avoir convenu avec Monsieur le Maire de la date du rendez-vous.
Fin janvier aucun appel de la mairie, il devient évident que Monsieur Huet ne souhaite pas nous recevoir. Et cela se comprend. Il ne peut nous donner les informations concernant l'avenir du trompe-l'oeil vu qu'il n'a pas contacté les cabinets d'architectes comme il s'était engagé à le faire.

Devant l’attitude du Maire, il est décidé de lancer une pétition (1) signée dans un premier temps uniquement par les habitants de la rue de Geôle.
Le document est libellé à l’intention du Conseil Municipal, afin qu’il soit connu de l’ensemble des conseillers. Par expérience nous savons que si la pétition avait été remise directement au Maire, elle aurait été « classée » par ce dernier.
Néanmoins nous décidons à la dernière minute de donner une ultime chance au Maire de nous recevoir sans porter sur la place publique la pétition (une copie devait être communiquée à la presse locale).
Un nouveau déplacement, le troisième, à la mairie est entrepris le lundi 5 février. Après lui avoir fait part courtoisement de notre étonnement de ne pas avoir eu de rendez-vous après deux visites (décembre et janvier), la secrétaire propose un rendez-vous début mars en milieu de matinée. Cette date est déclinée car elle ne permet pas aux riverains d’être présents et elle repousse trop loin dans le temps. Je lui fait part qu’une pétition a été signée par les riverains de la rue de Geole. Une copie est remise à la secrétaire afin qu'elle le transmettre à M Huet. Elle reprend une nouvelle fois mes coordonnées téléphoniques.

Au jour d'aujourd'hui, le lundi 5 mars, toujours aucun appel de la mairie.

Il est intéressant de préciser que la pétition remise au secrétariat de M Huet a fait bouger quelque peu les choses.
Nous avons appris par un cabinet d'architecte parisien contacté le 14 février dernier que lui et ses collègues avaient reçu quelques jours plus tôt
de la mairie d'Avranches un courrier relatif à la façade, et que l'architecte local, M Berjot, avait en charge de la réponse.
Monsieur Berjot proposera-t-il le projet d'enluminure évoqué plus haut ou une autre proposition (trompe-l'oeil, ...), nous n'en savons rien.
Et nous pensons qu'aucune information malheureusement ne nous sera communiquée par la municipalité.
C'est pourquoi nous contacterons dans les tous prochains jours les membres de l'opposition municipale et la presse de notre désir d'information au sujet de la façade et la résolution rapide des problèmes de bruit.

Nous espérons que tout finira par s'arranger, mais personnellement je tire de cette "affaire" de bien tristes enseignements au niveau du fonctionnement de la politique municipale et de la démocratie locale.
Il me semblait que l'élu, à ce titre, était au service du citoyen ou de son administré. S'il a en charge l'intérêt général de la ville, l'élu doit aussi veiller au bien-être de ses administrés.
L'élu, l'élection passée, semble parfois oublier comment il a obtenu cette charge, se préoccupant uniquement de ses projets qui selon leur envergure peuvent engager sur une période plus ou moins longue les finances de la ville.
Par rapport l'expérience vécue, il me semblerait important de prévoir un système de contrôle des élus.
En France, le gouvernement, "qui détermine et conduit la politique de la Nation", est bien contrôlé par le Parlement, représentant la souveraineté nationale. Pourquoi n'en serait-il pas de même au niveau des collectivités locales? Or nous voyons que les élus agissent en quasi-impunité pendant leur mandat jusqu'aux élections suivantes.

Ce contrôle des élus est défendu et soutenu par la candidate socialiste aux élections présidentielles. Je soutiens depuis peu cette candidate.
Mais il ne doit pas y avoir de confusion entre ce soutien personnel et l'action en cours, d'autant que cette dernière est collective et non individuelle.
Si cette action est bien antérieure à mon implication politique, il est vrai que l'attitude de nos élus notamment sur cette "affaire" a contribué très fortement à cet engagement.

Je rappelle que les riverains ont toujours cherché avec la municipalité une solution amiable, loin de toute retentissement médiatique et politique.
Nos élus avranchinais doivent assumer toute la responsabilité des conséquences de leur inaction.



la pétition :





Publié dans trompe-l'oeil

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article

Chrysalide 23/04/2007 10:50

Bonjour

Je viens d'acheter une petite maison rue de Lille et j'ai été en effet très choquée de voir ce gros bâtiment en béton défigurer la si jolie vieille-ville d'Avranches ! Je me demande comment on peut encore construire des choses aussi laides, sans l'avis des riverains ! Être de son temps, c'est aussi et surtout respecter l'environnement et ceux qui y habitent depuis des années...

Bien que je ne sois ni de gauche ni de droite, je m'associe à votre démarche et j'espère que ces architectes parisiens (ce qui ne révolte !) sauront au moins nous dessiner le beau trompe-l'oeil prévu sur ce béton brut et que les malheureux riverains qui subissent déjà bcp trop l'ombre du bâtiment ne supporteront plus de bruit ??

L'autre Cléris 06/03/2007 15:10

Philippe CLERIS (rien à voir avec l'autre...)
"la chaussée" 50510 Hudimesnil, membre du collectif "Bienvenue en Normandie" réseau citoyen pour sortir le Sud-Manche du "Ploukistan" en militant pour la réunification de la Normandie
1) Nous nous réjouissons du contenu du musée du Scriptorial notamment la muséographie qui permettrait à Avranches de se positionner enfin comme porte d'entrée culturelle et touristique de la Normandie
2) Nous trouvons au contraire assez navrant l'aspect visuel extérieur du "parking souterrain" conçu par ces architectes parisiens: on nous a dit que cela n'était pas encore fini et on nous parle de dessiner de grandes enluminures sur le béton gris mais ce qui est le plus regrettable c'est le mépris d'un notable pour ses concitoyens: il est temps que le Sud Manche en finisse avec ces "péquenocrates" parachuté ou non...
3)Concernant votre affaire, nous croyons que le moment est venu de faire appel aux ressources juridiques de l'association de défense des paysages de France, reconnue d'utilité publique: Ils ont des avocats qui ont le bras long... Dans la région, contactez Mme Catherine De Vos, présidente de "vie et mémoire du vieux Granville" au 02 33 50 52 03
Avec toute notre sollicitude et notre soutien...
Philippe CLERIS, collectif "Bienvenue en Normandie"